Heavy Rain (PlayStation 3)
De temps à autre, des titres donnent un coup de pied dans la fourmilière du jeu vidéo. Ils acquièrent le statut d’œuvre culte en ouvrant de nouvelles perspectives ou remettent en question des idées reçues. C’est le cas de Heavy Rain.
Test
Note globale :
Genre : Action / aventure
Sortie : 24/2/2010
Multijoueurs : Non
Éditeur : SONY
Développeur : Quantic Dream
Langues : Francais
Jusqu’où iriez-vous pour sauver un enfant ? Une question à laquelle Ethan Mars (père divorcé dépressif), Madison Paige (journaliste insomniaque), Norman Jayden (agent du FBI accro à la dope) et Scott Shelby (l’ex-flic devenu détective) tentent de répondre. Emportés par le raz-de-marée du tueur aux origamis qui noie ses jeunes victimes, ces quatre personnes vont affronter des situations cornéliennes et leur survie ne dépend que de vous.
L’esprit ouvert

Avec seulement deux titres à son actif (Nomad Soul et Fahrenheit), le studio français Quantic Dream mené par le passionné David Cage fait pourtant l’objet de toutes les attentions. Si ses visions audacieuses de la narration dans le jeu vidéo suscitent l’adhésion, sa tendance à reléguer le gameplay au second plan divise radicalement. Peut-on sacrifier l’interaction sur l’autel de l’émotion ? La réponse se trouve dans Heavy Rain
On ne le répètera jamais assez : ce titre tient plus du film interactif que du jeu vidéo au sens classique du terme. Il n’y a pas de score, pas de combos à mémoriser, il ne demande aucune dextérité, aucun effort intellectuel intense, tout au plus quelques réflexes dans certaines situations. La plupart du temps, il suffit d’arpenter des environnements et d’exécuter les manœuvres contextuelles qui s’affichent. Une approche radicale que l’on doit impérativement accepter pour apprécier les qualités de Heavy Rain.
Comme au cinéma !
D’abord le scénario. Il était impératif pour ce thriller interactif de posséder une intrigue à la hauteur de ses ambitions et c’est le cas. Sur la longueur, il y a parfois quelques baisses de régime, quelques clichés, des zones d’ombre, mais aucun dérapage à la Fahrenheit. L’histoire se tient bien avec des situations intenses, des personnages aussi crédibles qu’attachants et un suspense régulièrement relancé jusqu’au grand final qui vous arrache inévitablement un "oh p*****". Ensuite l’implication. Heavy Rain confère une grande importance à vos décisions avec des conséquences palpables, que ce soit dans le déroulement d’une scène, l’altération de l’histoire ou même la mort de protagonistes principaux (qui n’implique pas forcément de Game Over). Quantic Dream incite vraiment le joueur à s’impliquer, le laissant faire des choix selon ses valeurs ou son état d’esprit du moment.Emotion Engine
Enfin, l’émotion. Il s’agit clairement du moteur de ce projet et de sa plus grande réussite. De nombreuses scènes parviennent à construire une intensité assez sidérante. Inquiétude, panique, colère, tristesse, frustration, contrainte, dégoût, tourment… et l’interactivité, même réduite à sa plus simple expression, démultiplie l’impact de ces sentiments. Du coup, la réalisation inégale ou les petites confusions résultant parfois de l’alternance entre les personnages s’effacent devant des scènes d’anthologie, qui émaillent les conversations entre joueurs pendant des années. Au-delà des débats de fond sur l’interactivité, Heavy Rain est une expérience fascinante qui s’apprécie comme Le Silence des Agneaux ou Seven. Assurément culte.Test réalisé par Frédéric Dufresne.
Note globale :
Intérêt :
Laissez les préjugés à la porte et abordez Heavy Rain l’esprit ouvert. Il vous récompensera en vous plongeant au cœur d’un thriller haletant, riche en émotions fortes et en séquences d’anthologies.
Réalisation :
La qualité des visages et des animations tranche avec les déplacements rigides et certains bugs de collisions, mais l’esthétique générale est excellente avec quelques éléments géniaux comme le système de réalité augmentée de l’agent du FBI. Les musiques sont magnifiques mais les voix inégales.
Prise en main :
La simplicité des commandes rend le jeu hyper accessible, mais paradoxalement, le système de déplacement s’avère un peu déroutant pour les gamers habitués à un contrôle classique. Il y a aussi parfois un petit problème de lisibilité selon le cadrage de l’action.
Durée de vie :
Comptez 7 à 8 heures de façon générale, mais tout dépend de vos choix. Selon certaines décisions, vous vivrez ou raterez des séquences complètes. Ce n’est pas énorme dans l’absolu, mais très raisonnable dans l’optique d’un film interactif.
Avis de la rédaction
A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 18 ans.
- Aux amateurs de thriller.
- A tous les joueurs ayant l’esprit ouvert.
- Aux femmes autant qu’aux hommes
Vous aimerez si vous avez aimé :
- Fahrenheit.
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